A propos de clopes et d’Alain Bashung…
En flânant comme je le fais souvent dans mon magasin Géant au pays basque, je me suis arrêté au rayon des bouquins ! Oh, ce n’est pas ici une grande librairie ! Inutile d’y chercher Montaigne ou un roman de Gide ou de Mauriac ! L’intelligence et la culture, ce n’est pas encore en tête de gondole dans les hypermarchés… On vous débite ici le bouquin en tranches comme le jambon de Bayonne !... Et donc on trouve surtout du Harlan Coben pour ménagères frustrées, des polars de cul façon Gérard de Villiers pour réveiller les érections populaires, ainsi que tout un fatras d’inutiles cahiers de devoirs de vacances, pour les parents qui espèrent que leurs moutards seront ministres alors que beaucoup ne pourront espérer qu’un emploi de chômeur ou de érémiste ! Mais bon, chacun a le droit de se faire des illusions ! Dommage seulement que les mômes soient emmerdés par leurs parents pour ça, et que ça leur gâche les vacances ! Mais revenons aux livres : j’ai vu un bouquin intitulé « Bashung une vie », écrit par un de ses amis et fan, Marc Besse… Ce journaliste s’extasie à longueur de pages sur le génie de l’artiste, son talent et les innombrables qualités de Bashung, ce qui est bien la moindre des choses de la part d’un admirateur… Par contre il se dit aussi son ami, et là, moi je sursaute ! Comment peut-on se dire véritablement l’ami de quelqu’un, et laisser ce quelqu’un se tuer à coup de clopes ? Ce n’est pas de l’amitié, ça, c’est de la non-assistance à personne en danger ! L’amitié ne consiste pas à se taire et à faire l’autruche devant les dangers ! Il serait grand temps d’en prendre conscience ! Le tabac est plus toxique que l’amiante, il faut en protéger les gens, et soigner les intoxiqués de la clope, même sous la contrainte, de force… Je vous entends hurler : et la liberté alors ?... Rassurez vous, je vous réponds à mon tour par une autre question : Elle est où, la liberté du fumeur ? Il n’a même pas la liberté d’arrêter de s’empoisonner ! Il est déjà sous contrainte, et la pire, celle qui tue ! Moi je parle d’une contrainte qui soigne ! Alors bon, votre liberté à la gomme, vous pouvez la remiser au vestiaire des arguties, faudra trouver autre chose ! Bashung est mort de la clope à 61 ans, dans l’indifférence de ses amis, le laxisme de son entourage, le silence criminel de tous… Et aujourd’hui, ce sont les mêmes, tous ceux qui n’ont rien fait et l’ont laissé se tuer sans le soigner, qui viennent pleurnicher, et se lamenter sur la disparition prématurée d’un grand artiste !!! Honte aux médecins qui se sont tus. D’ailleurs Alain Bashung a dit lui-même : «J'ai dit à mes médecins que j'avais beaucoup de mal à arrêter de fumer, ils n'ont rien dit. Ça me convient quand la morale et la médecine prennent des voies séparées… » Autrement dit, Bashnung, complètement intoxiqué par sa drogue… se réjouit que les médecins n’aient rien dit !!! Pitoyable !
Quand traiterons-nous enfin le tabac avec la même rigueur que l’amiante, les OGM, les pesticides et autres poisons ? Quand ?...
Faute de l’avoir fait, un grand artiste, Alain Bashung, est mort ! Ne pleurnichons pas avec hypocrisie, c’est nous tous qui l’avons tué, en nous taisant, en n’agissant pas…